Une grève pour se faire entendre

France 24 a commencé comme une start-up : pendant longtemps, les salariés n’ont pas compté leurs heures. Aujourd’hui intégrés au groupe France Médias Monde (FMM), ils espèrent bénéficier des mêmes droits que leurs collègues de RFI et Monte Carlo Doualiya (MCD), conformément à l'accord d'entreprise signé en 2015. Telle était l’une des revendications de la grève du 15 juin 2017.

 

Mercredi 15 juin, après le journal de minuit, France 24, la chaîne d'information en continu n’a proposé que des rediffusions de magazines sur ses antennes francophone et anglophone. Les journalistes et techniciens ont cessé toute activité à l'appel de la CFTC. L’organisation dénonçait les conditions de travail dégradées, le non-respect de l’accord d’entreprise, le manque de moyens techniques et humains ainsi que les dysfonctionnements managériaux et le manque de reconnaissance.  

 

Le mouvement a très vite pris de l’ampleur et d'autres salariés du groupe ont rejoint leurs collègues par solidarité.

« Il y a plus de 35 nationalités représentées à France 24 et tous les salariés ne sont pas coutumiers d’action syndicale. Nous avons fait un pari risqué, qui s’est avéré payant. En fin d'après-midi, plus de 60 % des personnels planifiés à la rédaction et à la technique de France 24 se sont déclaré grévistes, chiffre auquel il faut ajouter les personnels des rédactions de RFI et de MCD ainsi que des fonctions supports. Conscients du sacrifice que cela pouvait représenter, nous avons mis en place une cagnotte pour compenser une partie des efforts consentis par les plus bas salaires et les pigistes.» raconte Maximilien de Libera, délégué syndical CFTC de France Médias Monde.

 

Premier syndicat chez les journalistes, et deuxième de l'entreprise, la CFTC est la seule organisation initialement ancrée à France 24.  « Nous parlions dans le vide depuis plusieurs années. Fidèles à notre slogan Toujours proposer, pouvoir s’opposer, nous avons usé de tous les moyens de négociation, sans succès. Nous avons fini par durcir le ton en lançant cette grève de 24h. La direction qui s’attendait à un bluff a été surprise par l'ampleur du mouvement et contrainte à nous écouter » explique Maximilien de Libera.

 

Une délégation de salariés accompagnée d'un représentant de la CFTC a été reçue, dès le lendemain, pendant près de cinq heures. La direction a accédé à plusieurs de ses revendications : « Nous avons obtenu la réorganisation de la direction de la rédaction, avec la création d’un poste de directeur-adjoint qui assurerait la cohérence de la ligne éditoriale. Le rapprochement entre les rédactions broadcast et internet est également en cours de réflexion : Internet sera rattaché à la direction de l’information centrale. Source de nombreux plantages techniques, le nouveau logiciel utilisé par les journalistes a été abandonné au profit de l'ancien qui avait fait ses preuves. ».

 

Les élus CFTC ont insisté sur la nécessité d’appliquer l’accord d’entreprise signé le 31 décembre 2015 afin d'harmoniser les conditions de travail des  personnels à France 24, RFI et MCD. La Direction s'est ainsi engagée à garantir la  baisse du temps de travail prévue à France 24 pour les cycles soumis à une forte pénibilité. Elle a  aussi accepté d'étendre aux journalistes pigistes et aux intermittents du spectacle le nouveau barème d'indemnisation du travail de nuit, réservé aux permanents. « Notre prochaine bataille est la négociation en cours d'un accord sur les salariés non-permanents afin de revaloriser des rémunérations qui stagnent depuis parfois plus de 10 ans et déterminer les modalités du paiement du 13e mois et de la prime d'ancienneté pour les journalistes pigistes » conclut Maximilien de Libera.

 

 

Site de l'USNA CFTC : www.usna-cftc.com

Site CFTC du groupe TF1 : www.tf1-cftc.com

Site CFTC de France Médias Monde, RFI, France24, MCD : www.cftc-fmm.com

 

 

Chez les employés, techniciens, et agents de maîtrise, la CFTC est de loin le premier syndicat et nous triplons notre score de 2013 pour obtenir cette année 46,15 % des suffrages.

Grâce à une mobilisation exceptionnelle, la CFTC confirme son avance et consolide sa place de 1er syndicat de France Médias Monde chez les employés, techniciens et agents de maîtrise.  

Avec cette-fois 63,73 % des suffrages exprimés dans le collège 1 (au CE), soit une progression de plus de 60 % par rapport à notre résultat du 1er tour, ce sont près de deux votants sur trois qui ont choisi de faire confiance à la CFTC pour ce nouveau mandat. 

Nous les en remercions et saurons nous en montrer dignes.